LES HUILES DE ROUTES

" Pour la campagne, je préfère le lin. En ville, je roule au tournesol. Au bord de la mer, le colza est parfait. Le chanvre me convient mieux à la montagne. Mais quand je sors, l'huile de friture usagée c'est trop ringard , je fais un plein de ravenelle,…, c'est plus sauvage. "


Il est démontré que, comparativement au gasoil, les performances et caractéristiques de fonctionnement du moteur avec de l'huile végétale sont équivalentes (à 3% près).
Cf Mécanique des fleurs

De la biodiversité dans votre réservoir

 

 

Plus de 2000 espèces de plantes peuvent donner de l'huile.
A priori, et jusqu'à preuve du contraire, toutes les huiles végétales sont combustibles.
Mais la fluidité, ou viscosité, de l'huile végétale est déterminante.
Ainsi, l'huile de Palme qui fige à 30°C, ne convient pas en Europe. D'autres huiles comme l'arachide ou certains mélanges d'huile de friture usagée sont utilisables de préférence en été.
En cas de doute, on ajoute du gasoil. Car en mélange avec l'huile on obtient un liquide qui restera homogène.

Un carburant saisonnier : Filtrez avec le temps

La filtration à 5 microns (Cf fiche filtration) doit s'effectuer de préférence à température ambiante peu de temps avant l'utilisation, pour deux raisons :

    • L'huile végétale contient des cires qui peuvent colmater le circuit d'alimentation du moteur (réservoir, durites, filtre et pompe à injection).
      Ces cires solubilisent à chaud et se reconstituent à froid. Donc, si vous filtrez en été ou dans une pièce chauffée, les cires passeront au travers. Et si vous faites le plein avec cette huile en hiver, les cires se reformeront dans votre réservoir.

    • L'huile n'est jamais filtrée définitivement
      C'est un produit vivant qui s'oxyde. Même filtrée à 5 microns, elle continue de décanter. Après plusieurs semaines, des dépôts réapparaissent en fond de cuve.

 

Quelle huile choisir ?

Nos motivations pour rouler à l'huile sont prioritairement écologiques et sociales.
Au niveau du pot d'échappement , toutes les huiles végétales, citées ci dessous, permettent de réduire considérablement les émissions de gaz.
Mais il faut également regarder en amont et tenir compte des processus de production de l'huile végétale carburant.
En effet, il serait absurde d'encourager des pratiques culturales qui pourrissent la terre sous prétexte de protéger l'air.

Un critère fondamental pour estimer l'empreinte écologique de l'huile végétale carburant est le rendement énergétique de production,
il se calcule comme suit :

 

énergie récupérée par l'utilisation
Rendement énergétique = ----------------------------------------------
énergie utilisée à la production

 

Par exemple : Pour le gasoil qui a un rendement énergétique égal à 0,8, cela signifie qu'il faut plus d'énergie qu'un litre de gasoil pour produire un litre de gasoil.
Tandis que l'on peut produire 6,3 litres d'huile végétale avec l'énergie d'un litre d'huile (rendement égal à 6,3)

D'autre part, l'huile végétale carburant est une occasion fantastique pour renverser notre situation d'extrême dépendance par rapport à un système énergétique hyper centralisé et confisqué par des logiques de monopole.

Encourager et/ou participer à une production d'huile végétale carburant à l'échelle locale permet d'entraîner de multiples répercussions sociales, comme des dynamiques de groupes, créatrices de liens et de sens.

 

 

LES HUILES QU'ON A ROULE

Un festival d'odeurs
La combustion des huiles végétales dégage des odeurs variés.
Il y en a pour tous les nez : Tournesol et colza dégagent une odeur de frite, le lin une odeur de poisson grillé…

 


Voici un aperçu des huiles qu'on a brûlé dans nos voyages :

LES HUILES VIERGES

    • Huile raffinée

      de tournesol et colza
      Directement utilisable dans le réservoir, l'huile que l'on trouve dans les supermarchés a deux défauts principaux :

      1. Sa production recourt à des produits nuisibles :
      semences OGM, engrais, pesticides, insecticides, multiples produits chimiques lors des 15 opérations de raffinage, bouteilles plastiques…

      2. Son rendement énergétique de production est médiocre.
      On dépense beaucoup trop d'énergie : en utilisant les produits cités ci dessus, pour transporter les matières (graines et huiles), pour préchauffer les graines….

    • Huile végétale brute (HVB)

      de tournesol, colza, ravenelle, chanvre, arachide, lin, onagre, olive

      Elle est issue d'une première pression à froid, puis d'une décantation.
      Pas de problème de conservation : plus une huile est oxydée (rance), plus elle est inflammable. On peut donc recycler l'huile et les graines périmées.

      Son rendement énergétique est optimum.

 

L'huilerie itinérante de Roule ma fleur permet de fonctionner en circuit court, ce qui limite considérablement les transports.

Nos graines sont principalement issues de l'agriculture biologique.
Le surcoût lié à l'utilisation de graines bio peut être partiellement compensé par la vente du tourteau et d'une partie de l'huile en huile alimentaire.
Nous triturons également des graines de " mauvaises herbes " comme la ravenelle.

L'éclosion de nombreuses associations comme la nôtre a permis la création du réseau PETALES qui projette de diffuser une carte d'approvisionnement.


LES HUILES DE FRITURE USAGEES

Essayez d'identifier l'origine de l'huile. Demandez à voir l'emballage

o Si c'est de la graisse de palme (utilisée pour les frites), laissez tomber, c'est trop solide.
o Si c'est un mélange colza - tournesol - palme, observez la consistance. N'utilisez qu'en été et/ou en mélange avec un peu de gasoil.
o Si c'est du tournesol pur, vous êtes vernis.

Filtrez une première fois avec un tissu épais pour éliminer les morceaux, vous économiserez les filtres 5 microns.

Attention au sel, au sucre, et à l'eau… Le moteur n'apprécie pas
Un utilisateur d'huile de friture d'acras de morue témoigne qu'il est obligé de nettoyer ses injecteurs tous les 6 mois.
Nous sommes descendus en Mauritanie en récupérant des huiles de fritures très variées, ça sentait parfois le caramel (fritures de beignet), nous étions parfois contraints de mettre 5 litres de gasoil en fin de réservoir pour que le moteur arrête de brouter.

Puisque c'est un déchet, le rendement énergétique et l'empreinte écologique de l'huile de friture sont excellents.
Mais on a moins de plaisir à se lécher les doigts après avoir fait le plein.


Les huiles qu'ils ont roulé

Nous avons entendu parler de multiples autres expériences de combustions d'huiles :

o L'huile de pourghère au Mali, voir www.malifolkecenter.org
o L'huile de coprah (projets du CIRAD dans les îles)
o L'huile de pépin de raisin (municipalité de Cork en Irlande)

L'huile de coton, l'huile de palme….